Art Exhibitions

by Art Now Database

Paris

Bendana Pinel Art Contemporain

On now

  • Bendana | Pinel Art Contemporain a le plaisir de présenter « La familia elegida », première exposition personnelle de Chiachio & Giannone à la galerie. Les œuvres cousues et brodées de Chiachio & Giannone comportent une pensée intersectionnelle. Dans le sillage du slogan féministe « le personnel est politique », les deux artistes font de l’autoreprésentation un acte militant et de la domesticité un espace de fierté. Depuis 2003, ils réalisent des autoportraits, en duo et, plus rarement, en solo. Ils y situent ainsi leurs existences : deux hommes queer, amoureux, argentins, artistes, passionnés par le jardinage, par une histoire de l’art interculturelle et transtemporale ; ils sont aussi les heureux membres d’une famille interespèces. Ils ont fait le choix de travailler avec des aiguilles, une machine à coudre, des tissus recyclés, des teintures et du fil. Chaque millimètre de leurs œuvres témoigne d’un engagement inconditionnel à partager un espace de représentation singulièrement nécessaire. La notion de famille choisie nourrit leur pratique artistique. Chiachio & Giannone brodent leur quotidien, enrichi de leurs inspirations, de leurs rencontres (végétales, artistiques, techniques), de leurs rêves, fantaisies et fantasmes. Ils se représentent ainsi souvent avec Piolin, Chicha et La Dorado, trois teckels, espèces compagnes adorées. Les autoportraits sont aussi des portraits de famille interespèces, où les êtres humains et plus-qu’humains sont liés par l’amour, la tendresse et l’affection. Ce sont également des portraits de famille politiques, puisqu’ils ne correspondent en rien aux attentes d’un système patriarcal et hétéronormé. Deux personnes du même genre font famille avec trois chiens, pensés comme leurs enfants. Les mots de Donna Haraway résonnent ici : « Make kin, not babies ». Le terme anglophone « kin » ne trouve pas de traduction pleinement satisfaisante en français : parent, parentèle ou encore proche. « Faites des parentés, pas des bébés. » Il est ici question d’une famille pensée de manière déconstruite, libre et élargie. Chiachio & Giannone se représentent depuis plus de vingt ans, tout comme ils représentent les chiens qui ont vécu et vivent avec eux. Ils entretiennent un rapport au temps long, au sein duquel les corps humains et plus-qu’humains évoluent et vieillissent : les pelages blanchissent comme les cheveux et les barbes. La question de l’âge est importante. Dans un imaginaire collectif construit à partir de stéréotypes, les corps queer sont jeunes, valides et festifs. Chiachio & Giannone se présentent tels qu’ils sont, fiers de leurs histoires respectives ainsi que de leurs expériences de vie, individuelles et communes. Ce rapport au temps long se retrouve également dans les alliances artistiques et culturelles qui émergent de leurs réflexions, rencontres et recherches. Lorsqu’ils effectuent une résidence au Transpalette à Bourges en 2022, ils visitent presque quotidiennement la cathédrale de la ville. Ils sont fascinés par les vitraux : les couleurs, les lumières et les dessins formés par les barres de plomb reliant les fragments de verre. Ils en réalisent des relevés dessinés ainsi que des motifs inspirés des jonctions entre ces barres. Ce travail d’observation leur permet d’établir un lien entre ces dessins et le mouvement artistique argentin Madi. Plus particulièrement, ils s’intéressent à l’œuvre de Yente (Eugenia Crenovich), née en 1905 et décédée en 1990. Dans un esprit de répétition et de mémoire, ils mettent en relation ces deux sources d’inspiration. Le dessin final est ensuite travaillé à l’aide de fils colorés afin de créer des camaïeux. Chiachio & Giannone avaient également à l’esprit les peintures de la cathédrale de Rouen réalisées par Claude Monet (1840-1926). Les broderies sont superposées à des fragments de tapisseries glanés lors de leur résidence en France puis à leur retour à Buenos Aires. « Il s’agit de tapisseries tissées à la machine datant du XIXe siècle, de l’époque où Joseph Jacquard a inventé le système de fils de chaîne en créant une machine adaptée au métier à tisser, fonctionnant à l’aide de cartons perforés et sélectionnant automatiquement les fils à travailler à chaque passage. » Ces tissus sont chargés de représentations paysagères et végétales faisant écho à leur expérience berruyère. Les fragments de tapisserie sont eux-mêmes partiellement recouverts de sérigraphies colorées faisant référence aux transformations lumineuses observées dans la cathédrale. Les œuvres sont ainsi pensées à partir de couches de références et de techniques. Ces alliances de formes, d’intentions et d’époques différentes se retrouvent à plusieurs endroits de leur œuvre. La série intitulée Comechiffones articule la famille choisie (les artistes et les trois chiens), l’histoire et la pratique du patchwork, la culture des Hênîa-Kâmîare (peuple autochtone, également appelé Comechingones, vivant dans les sierras pampéennes des provinces de Córdoba et de San Luis, dont Leo Chiachio descend par sa mère), ainsi que le métier de chiffonnier. Le recyclage de tissus glanés donne lieu à la réalisation d’œuvres quiltées qui conjuguent histoires, revendications et cultures. En ce sens, les œuvres de Chiachio & Giannone débordent d’amour, de tendresse, d’alliances et de liberté. Animés par une curiosité constante, les deux artistes sont en quête d’espaces communs, visibles et invisibles. Les fils relient les cultures, les époques et les pensées afin de résister à la limitation des modèles, de continuer à élargir l’espace de représentation, mais aussi de formuler de nouvelles hypothèses étonnantes et des écritures plastiques aussi réjouissantes qu’inattendues.
    Description

    98th Show

    Until 31 Oct 2026

    98th Show at Bendana Pinel Art Contemporain, Paris
Recent past exhibitions
  • Bendana| Pinel Art Contemporain a le plaisir de présenter «The Unreality of Reality. The Reality of the Unreal», la deuxième exposition personnelle de Niccolò Montesi à la galerie. La photographie de Niccolò Montesi s’inscrit dans une tradition de recherche qui envisage l’image comme un moyen d’interroger et de transformer le regard. Dans sa pratique, elle devient un processus d’abstraction et de concentration visuelle qui questionne la relation entre réalité, perception et imagination. Les séries PANTELLERIA PAESE et TRESIGALLO développent deux dimensions complémentaires de ses recherches. Ces deux lieux, éloignés géographiquement, historiquement et par leur forme urbaine, sont pourtant reliés par une même approche : celle de considérer la réalité non seulement comme un espace physique, mais aussi comme une surface de projection symbolique et mentale. À Pantelleria, Montesi s'intéresse à une architecture profondément marquée par le temps et l'usage quotidien. Les murs, les surfaces et les textures chromatiques deviennent les véritables sujets des images. La lumière, rasante et irrégulière, souligne leur matérialité, révélant les imperfections, les fissures et les traces d'une expérience vécue. À travers des compositions fragmentées et en gros plan, souvent dépourvues de références spatiales reconnaissables, Montesi isole des portions de réalité et les transforme en champs visuels autonomes. Dans cette démarche, une proximité se dessine avec les recherches matérielles d'Alberto Burri et les abstractions lyriques de Nicolas de Staël. Pantelleria apparaît alors comme une île plus ressentie que vue, où la réalité ne se laisse saisir qu’après un lent processus de contemplation, montrant toute la richesse immatérielle qui la traverse. Concernant le travail sur Tresigallo, une direction différente mais spéculaire se développe. Ici, Montesi s’intéresse à l’architecture rationaliste dans un espace urbain conçu selon des principes d’ordre, de symétrie et de contrôle formel. De manière similaire, les images sont construites à partir de géométries essentielles, d'horizons mesurés et d'une utilisation rigoureuse de la lumière, qui définit les volumes et les surfaces avec une précision presque analytique. Aussi, Montesi s’attache à montrer la dimension mystérieuse de cette architecture. Tresigallo apparaît ainsi comme une ville suspendue et silencieuse, imprégnée d’un sentiment d’immobilité temporelle. Ce caractère fait écho à la peinture métaphysique, en particulier celle de Giorgio de Chirico et de Carlo Carrà, où l’architecture devient un lieu symbolique dépourvu de présence humaine. Niccolò Montesi observe le réel tout en le transformant, révélant les dimensions sensibles et symboliques du paysage et de l’espace urbain. Dans son œuvre, l’irréel n’est pas un déni de la réalité, mais l’une de ses extensions possibles. La photographie devient ainsi un outil pour saisir la complexité et l’ambiguïté de la réalité, ouvrant un espace de réflexion qui dépasse la simple représentation.
    Description

    Ninety-Sixth Show

    Ended 30 May 2026

  • Bendana | Pinel Art Contemporain a le plaisir de présenter « Mirrors of Ice » une exposition réunissant le travail de cinq artistes internationaux. Ce projet s’attache à révéler l’intimité, la vulnérabilité et les récits façonnant nos corps et nos identités. Ensemble, ces œuvres reflètent nos « zones de glace » : surfaces sensibles mêlant désir, mémoire et résistance.
    Description

    Ninety-Fifth Show

    Ended 21 Mar 2026