Art Exhibitions

by Art Now Database

Paris

Galerie Anne Barrault

On now

  • Le rire de Marie Losier est un rire de verre qui se brise quand beaucoup de verre se brise d’un coup. Un rire de pyramide de verres quand elle s’écroule du buffet parce que quelqu’un a trébuché (ou alors on l’a poussé). C’est un rire de joie et c’est un rire catastrophé. Tout ce que Marie Losier filme, monte, tourne, dessine, sculpte, rêve, dit, coud, découd, défait ou rafistole est tout pareillement constitué de joie et de catastrophe. La catastrophe qui rend la joie bizarre, inquiétante, dangereuse et la joie qui fait tourner la catastrophe dans son lait, dans son beurre, dans son sucre. Tout ce qui tourne finit par forer quelque chose, à force de tourner. Tourner fait des trous. Tour et trou sont l’anagramme l’un de l’autre et c’est ainsi que Marie Losier tourne et troue, usant de la manivelle comme d’une perforeuse. Mais que troue-t-elle? Le temps, le réel, ses propres cauchemars : tout. Tout est tour, alors, et tout est trou. Trous de serrure (histoire d’œil), trous de couture (c’est du braille) points de suture et trous dans la péloche. Trous dans les couleurs de dessin saignés à blanc pour moitié. Trous dans la mort et trous dans le tronc (grand con d’arbre et trous du culs d’amour). Tourne-disque spirite et tour supplémentaire de la question, quelle question? Marie Losier, quand elle ne tourne-pas, que fait-elle? Elle retourne (la mort, comme un gant, puis retourne en enfance, capricieuse et cruelle, souveraine, couronnée), elle détourne (l’imaginaire et l’attention, et puis cette chiée de pochettes de disques glanés aux vide-greniers). Elle immortalise paradoxalement sa tribu dont elle couche les membres pour toujours, gisants dérisoires, sensuels et princiers, flanqués d’objets fétiches et d’idées fixes peu banales : vous verrez. Ses amis, ses amours, ses copains, ses frères et sœurs d’élection, qu’elle change depuis toujours en icônes de cinoche, en personnages de conte, en clochards-pharaons, héros d’une mythologie bricolée-maison : voilà maintenant qu’elle les grave à même la peau de costumes étranges, horrifiques et tendres, tatouages réversibles. Il faut dire aujourd’hui combien l’art de Marie Losier est une vraie mystique de l’amitié : ses amis, ses amours, ses copains, ses frères et sœurs d’élections, vivants ou morts, mourants ou à naitre bientôt, c’est sa cour des miracles et son arche de Noé. Ce sont ses sujets, ses objets, la matière vivante de ses tours de magie, de manège. Sing Sing Sing Sing est chanteur et guitariste du duo de chanson française expérimentale Arlt, que Marie Losier a photographié, filmé et dessiné à de nombreuses reprises. Elle a par ailleurs partagé une exposition avec le duo au Le Creux de l’Enfer à Thiers. Sing Sing est également cofondateur du groupe Modestine. Il écrit des chansons, des textes en prose et des chroniques. Marie Losier tient à remercier celles et ceux qui l’ont accompagnée dans ce projet par leur soutien et leur collaboration : Eloïse Decazes, Simon Fravega, Sing Sing, François Thuillier, Clara Alloing, Ophélie Manchon, Schahrazad Ghomari, Zack Boissau, David Legrand, Ael Dallier Vega, Alexandre Perrier, Marlène Saldana, Dima Dubson, Antoine Barraud, Rejean Peytavin, Victor Zebo, Cuco et Alix Mourrier, Patric Chiha, Audrey Ginestet. Les cadavres exquis ont été réalisés avec Isaure Decazes, Joris Lacoste, Eloïse Decazes, Simon Fravega, Elg, Sing Sing, Julien Langendorff, Diana Sorin, Claire Doyon, Antoine Barraud et Frédéric Danos. Pour les costumes, Marie Losier remercie Ophélie Manchon, artiste sérigraphe de l’atelier Ocho Gambas à Thiers, et Schahrazed Ghomari, couturière-costumière de L’Univers de Schahrazed à Thiers, avec qui les costumes ont été réalisés.
    Description

    Marie Losier Arrière-train fantôme

    Until 31 Oct 2026

    Marie Losier Arrière-train fantôme at Galerie Anne Barrault, Paris
Recent past exhibitions
  • Neila Czermak Ichti

    Ended 1 Aug 2026

  • Tiziana la Melia Kitten Healer Litter

    Ended 6 Jun 2026

  • Guillaume Pinard

    Ended 25 Apr 2026

  • Guillaume Pinard L'île aux mouches 7 mars - 25 avril 2026 Guillaume Pinard Pièces à conviction Guillaume Pinard mène des enquêtes, observe scrupuleusement, accumule des données, procède par hypothèses et associations. De manière générale, l’artiste revendique une absence de recherche formelle. Il se glisse plutôt dans des genres picturaux existants, s’enveloppant dans le manteau d’un déjà-vu, d’une figuration, souvent archétypale, qui active et « illustre » ses propres logiques didactiques. Fasciné par la littérature jeunesse, les comics, les encyclopédies ou les objets de vulgarisation scientifique, Guillaume Pinard débusque, sous des vérités se croyant éternelles, les trous et les failles des représentations discursives. Moins désireuses de rendre raison que de faire circuler le sens, ses enquêtes révèlent ce que les régimes de vérités d’une époque dissimulent : l’exotisme, le colonialisme, le sexisme, l’impérialisme, l’anthropocentrisme… Soit encore, l’ensemble des rapports de pouvoir qui se logent dans la constitution et la transmission des savoirs et des imaginaires. Fondateur de la Racoon Academy, l’artiste-pédagogue organise ainsi une œuvre chorale où tout se répond, se complète, se précise, se tisse, dans le but « d’informer le réel ». Les images produisent de l’écriture et l’écriture produit des images qui s’avèrent, avec le temps, des pièces à conviction nécessaires à l’élucidation d’une affaire. Compilées sur des blogs, mal ou non répertoriés, ses investigations empruntent désormais aux naturalistes d’antan leurs méthodes d’exploration, de prospection, d’inventaire ou de médiation, pour mieux s’en affranchir. Car depuis qu’il a posé ses valises dans le petit village de Meillac, en Ille-et-Vilaine, l’artiste est tombé dans un nouveau vortex : un monde peuplé d’inconnus, où le temps défile à toute vitesse, l’espace se dilate, les drames et le sexe rythment le quotidien d’existences immondes, nuisibles, parasites ou invisibles. Mouches à merde, punaises, mites, Temnothorax nylanderi, Isotomurus maculatus, Araneus diadematus… L’exposition L’île aux mouches est le témoignage troublant de cette rencontre, où, pour une fois, tout commence par la fin : le tombeau d’un collembole baptisé le Pharaon du mycélium. Équipé d’objectifs macro, de carnets de bord, usant de cartes, de listes ou d’arbres phylogénétiques, l’inspecteur Pinard s’entiche de la poésie de la nomenclature binomiale, pousse un peu trop loin les taxinomies artificielles, s’émeut des métamorphoses, suit les pérégrinations des migrations. Les mondes fabuleux et fabulateurs des insectes et des arachnides dictent à présent la quête asymptotique de l’artiste. De la pupe à la poupée, de la peluche au doudou, Guillaume Pinard compose un bestiaire affectif, une généalogie de fétiches et de projections. La pupe de la mouche, forme transitoire entre la larve et l’imago, ouvre une politique du devenir, tandis que la poupée, simulacre normatif de l’humain, se fait le miroir de nos propres métamorphoses. Ce bestiaire mou et articulé échappe aux hiérarchies, aux classifications mortifères et à toute promesse d’achèvement. Les super-héros, réduits à des enveloppes textiles, à l’identité bricolée et costumée, perdent leur toute-puissance. L’exceptionnalisme et le virilisme s’effondrent au profit d’un régime du soin. Proche de l’objet transitionnel cher à Winnicott, ces figures pallient l’angoisse de la séparation des mondes (enfants/adultes ; humains/non humains ; réels/fictifs ; visibles/invisibles…). À rebours d’une modernité rationnelle qui classe, nomme et isole, la pupe ne promet plus l’imago, la poupée n’enseigne plus un modèle, le héros ne sauve plus le monde. Pièces à conviction affectives, elles deviennent les témoins d’un réel non héroïque, non spectaculaire, tissées de métamorphoses inabouties, de récits minoritaires et d’existences précaires. Marion Zilio, décembre 2025 Docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, Marion Zilio est autrice, curatrice indépendante et professeure de théorie des arts et des médias. Elle a notamment publié Faceworld. Le visage au 21e siècle (PUF, 2018 ; Polity Press, 2020) ; Le livre des larves (PUF, 2020) et La lutte des mondes (PUF, 2026). Sa recherche s’articule à la croisée des philosophies contemporaines, des cultures visuelles et des pratiques curatoriales, selon un prisme résolument intersectionnel et élargi au vivant.
    Description

    Guillaume Pinard L'île aux mouches

    Ended 25 Apr 2026

  • Le meilleur de moi-même, ce sont mes ami.e.s - Hommage à Daniel Spoerri

    Ended 28 Feb 2026