Paris
Musée de l’Orangerie
On now
- L’année 2026 sera celle du centenaire de la mort du peintre Claude Monet (1840-1926). Pour marquer cet anniversaire, le musée de l’Orangerie organise une exposition centrée sur le rapport de l’œuvre de Monet au temps. Il est considéré dès les années 1870 comme l’artiste impressionniste par excellence, bien qu’il n’ait participé qu’à cinq expositions du groupe. Son œuvre en vient rapidement à se confondre avec la « nouvelle peinture », tant elle en résume les caractéristiques (exécutée le plus souvent en plein air, avec une touche rapide et des harmonies claires révélant l’impression d’un instant) avant de déboucher sur un de ses prolongements les plus singuliers et remarquables. Dans les années 1890 avec les séries comme Les cathédrales, Les meules, Les peupliers, le peintre révèle une démarche proche de la dissection du temps, jusqu’au testament final des Nymphéas qui résout cette difficulté insurmontable de la fragmentation dans la série pour se fondre dans le continuum. Une sélection de près de quarante peintures de Monet provenant principalement des collections du musée d’Orsay et du musée Marmottan Monet, mais aussi de prêts de collections publiques et privées françaises et internationales, permettra de souligner ces différents moments en s’attardant plus particulièrement sur le cycle des Nymphéas. Sous cet angle inédit et avec un regard distancié convoquant différents champs de recherche, l’exposition proposera de réexaminer une œuvre dont, cent ans plus tard, la portée reste plus que jamais fondamentale. L’exposition trouve tout naturellement sa place au musée de l’Orangerie qui accueille les grandes décorations des Nymphéas. Cet ensemble unique, véritable « Sixtine de l’impressionnisme », selon l’expression d’André Masson en 1952, offre un témoignage de l’œuvre du dernier Monet, conçu comme un véritable environnement et venant couronner le cycle des Nymphéas. Le parcours propose de réfléchir au sentiment d’accélération du temps et à la modernité durant la période impressionniste de l’artiste, à la captation de l’instantanéité par les séries et enfin au cycle des Nymphéas, à la recherche de transcription de la durée. Monet développe une peinture qui répond aux défis et bouleversements de son époque sur la notion du temps d’un point de vue à la fois vécu, ressenti, mais aussi tangible à travers les signes concrets de transformation de l’espace urbain et du paysage. Le XIXe siècle est celui de la multiplication des horloges dans l’espace public et de la synchronisation du temps mesuré, c’est aussi celui de la révolution des transports, du développement des chemins de fer. Le moment impressionniste chez Monet apparaît ainsi, en écho à cette révolution de l’appréhension du temps au XIXe, comme celui d’une peinture qui souhaite s’inscrire de plus en plus dans l’instantanéité. Après les années où se déroulent les expositions impressionnistes, on note chez l’artiste une tendance à explorer les effets produits à différents moments du jour sur un même sujet. C’est en Normandie qu’il développe finalement ses célèbres séries autour des Meules, (1888-1891), des Peupliers au bord de l’Epte (1891-1892), des Matinée sur la Seine (1896-1897) ainsi qu’autour de la Cathédrale de Rouen (1892-1898). À travers ces séries, le peintre pousse la logique de la représentation du moment jusqu’à la fragmentation du temps pour mieux en saisir l’essence. En 1895, les Cathédrales de Rouen exposées chez Durand-Ruel, équivalent pour Clemenceau à « une révolution sans coup de fusil » (Clemenceau, « Révolution de Cathédrales » en 1895 dans La Justice ). Avec ces recherches picturales, Monet semble participer à la fascination de son époque pour l’observation minutieuse et quasiment scientifique du monde qui l’entoure. Dans les années 1890, Monet inaugure l’ultime cycle qui va l’occuper jusqu’à sa mort en 1926, celui des Nymphéas. Celui-ci représente plus de deux cent cinquante toiles autour d’un même sujet et se trouve couronné par la création des deux salles réalisées spécifiquement pour accueillir ses grands panneaux offerts à la France au lendemain de l’armistice de 1918, ultime œuvre du peintre inaugurée un an après sa mort en 1927. Tout concourt à offrir au spectateur un enveloppement dans l’œuvre proche de la durée au sens bergsonien du terme.Description
Monet, peindre le temps
Until 25 Jan 2027

- Le contrepoint contemporain met à l’honneur Vija Celmins, l’artiste qui développe depuis la fin des années 1960 un travail très précis, centré sur les surfaces : océan, désert, ciel ou neige, qu’elle appelle « images impossibles », sans repères spatiaux, immergeant le spectateur dans l’infini. Ses œuvres, réalisées entre 1971 et 2000, utilisent différentes techniques (dessin, peinture, estampe, bois gravé) et jouent sur la planéité et l’illusion. Présentées dans le pronaos et la salle contemporaine du musée, ces pièces dialoguent avec les Nymphéas de Monet et invitent à une expérience attentive et silencieuse.Description
Vija Celmins
Until 15 Feb 2027

Recent past exhibitions
- Lenoir travaille à partir d’instructions qu’il se donne à lui-même ou à des assistants non peintres, sur des images transformées par le temps, tant celui écoulé entre la prise de vue et la peinture que celui nécessaire à sa lente réalisation. Il procède par d’innombrables couches de peinture, du plus clair au plus foncé, posées sur une multitude de petits morceaux de scotch qui masquent puis libèrent la toile, traduisant sans effets « romantiques » l’image projetée à partir de laquelle il peint. Alexandre Lenoir : « Cela a commencé avec une toile intitulée Les Cévennes, où pour représenter la surface de l’eau et ses reflets, je devais trouver une manière d’appliquer le moins de coups de pinceau possible. Sont alors entrés en scène les scotchs, qui étaient une manière de préparer le terrain à mes lavis de peinture que je passais latéralement sur la toile comme une imprimante. À la fin, lorsque j’ai ôté les scotchs, j’ai vu une image comme si je l’avais rêvée, dont l’architecture et les cadres étaient présents à l’origine mais à l’intérieur de laquelle la peinture a pris toute sa place. Par la suite, j’ai développé un rapport très intime avec cette méthode translative qui m’amène à masquer, recouvrir puis découvrir. En somme, c’est une forme de révélation qui peut évoquer la révélation en photographie. Celle-ci me permet de laisser un espace de liberté au spectateur qui regarde la toile à la fin, car je ne veux pas être le seul à lui imposer l’image ». En cela l’ambition du peintre rejoint celle de Monet de travailler la perception, l’invisible : « J’ai repris encore des choses impossibles à faire, écrivait Monet à Gustave Geffroy le 22 juin 1890, de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond […] c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça. Enfin je m’attaque toujours à ces choses-là! » (Lettre citée dans Gustave Geffroy, Monet, sa vie, son œuvre [1924], Paris, Macula, 1980, p. 30). Alexandre Lenoir expérimente la tension entre un réalisme affirmé et des processus de création aussi élaborés qu’expérimentaux. Il travaille « l’action de voir » en relation avec le geste qui va créer l’image, le geste de l’eau, celui de l’arbre organisant une sorte d’écosystème comparable à celui souhaité par Claude Monet inventant les grandes décorations : « La tentation m’est venue d’employer à la décoration d’un salon ce thème des Nymphéas : transporté le long des murs, enveloppant toutes les parois de son unité, il aurait procuré l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage. » (Claude Monet cité par Roger Marx, « Les Nymphéas de M. Claude Monet », Gazette des beaux-arts, juin 1909). « Lorsque j’ai redécouvert les Nymphéas, explique Lenoir, j’ai été frappé par la manière dont l’eau bougeait au rythme de la lumière changeante des salles d’exposition. En effet, la matière des toiles était telle que la lumière s’accrochait tantôt et se dérobait aussitôt créant dans mon œil le mouvement constant de l’eau. La peinture comme entité vivante m’intéresse beaucoup. À force de gestes répétitifs et de leurs aléas, la vie de l’atelier donne toujours une image qui me surprend mais incarne pleinement l’eau des toiles que je vais présenter pour l’exposition ». Il s’interroge sur ce que veut dire être peintre et c’est certainement ce questionnement qui est perceptible dans ses peintures complexes malgré leur dehors évidents. Il rappelle volontiers la formule de l’artiste Niele Toroni « Travailler à ce que la peinture travaille d’elle-même » qu’il se donne comme règle, à respecter et à transgresser.Description
Contrepoint contemporain
Ended 24 Aug 2026
- Alexandre Lenoir, né en 1992, peint principalement des paysages traversés par des personnages souvent fantomatiques, indifférents au spectateur. Ses peintures sont exécutées à partir de photographies qu’il choisit comme des souvenirs de moments heureux bien que dominés par une nature impérieuse à laquelle il laisse une part d’arbitraire. Plutôt que de représenter fidèlement la nature, il cherche une alchimie qui donne naissance à des oeuvres semblant avoir été créées spontanément, presque sans intervention de l’artiste. De ces scènes familières baignées d’une lumière éclatante émane une mélancolie surprenante. À l’occasion du 16e contrepoint contemporain au musée de l’Orangerie, Alexandre Lenoir présente quatre toiles inédites. Lenoir travaille à partir d’instructions qu’il se donne à lui-même ou à des assistants non peintres, sur des images transformées par le temps, tant celui écoulé entre la prise de vue et la peinture que celui nécessaire à sa lente réalisation. Il procède par d’innombrables couches de peinture, du plus clair au plus foncé, posées sur une multitude de petits morceaux de scotch qui masquent puis libèrent la toile, traduisant sans effets « romantiques » l’image projetée à partir de laquelle il peint. Alexandre Lenoir : « Cela a commencé avec une toile intitulée Les Cévennes, où pour représenter la surface de l’eau et ses reflets, je devais trouver une manière d’appliquer le moins de coups de pinceau possible. Sont alors entrés en scène les scotchs, qui étaient une manière de préparer le terrain à mes lavis de peinture que je passais latéralement sur la toile comme une imprimante. À la fin, lorsque j’ai ôté les scotchs, j’ai vu une image comme si je l’avais rêvée, dont l’architecture et les cadres étaient présents à l’origine mais à l’intérieur de laquelle la peinture a pris toute sa place. Par la suite, j’ai développé un rapport très intime avec cette méthode translative qui m’amène à masquer, recouvrir puis découvrir. En somme, c’est une forme de révélation qui peut évoquer la révélation en photographie. Celle-ci me permet de laisser un espace de liberté au spectateur qui regarde la toile à la fin, car je ne veux pas être le seul à lui imposer l’image ». En cela l’ambition du peintre rejoint celle de Monet de travailler la perception, l’invisible : « J’ai repris encore des choses impossibles à faire, écrivait Monet à Gustave Geffroy le 22 juin 1890, de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond […] c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça. Enfin je m’attaque toujours à ces choses-là! » (Lettre citée dans Gustave Geffroy, Monet, sa vie, son œuvre [1924], Paris, Macula, 1980, p. 30). Alexandre Lenoir expérimente la tension entre un réalisme affirmé et des processus de création aussi élaborés qu’expérimentaux. Il travaille « l’action de voir » en relation avec le geste qui va créer l’image, le geste de l’eau, celui de l’arbre organisant une sorte d’écosystème comparable à celui souhaité par Claude Monet inventant les grandes décorations : « La tentation m’est venue d’employer à la décoration d’un salon ce thème des Nymphéas : transporté le long des murs, enveloppant toutes les parois de son unité, il aurait procuré l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage. » (Claude Monet cité par Roger Marx, « Les Nymphéas de M. Claude Monet », Gazette des beaux-arts, juin 1909). « Lorsque j’ai redécouvert les Nymphéas, explique Lenoir, j’ai été frappé par la manière dont l’eau bougeait au rythme de la lumière changeante des salles d’exposition. En effet, la matière des toiles était telle que la lumière s’accrochait tantôt et se dérobait aussitôt créant dans mon œil le mouvement constant de l’eau. La peinture comme entité vivante m’intéresse beaucoup. À force de gestes répétitifs et de leurs aléas, la vie de l’atelier donne toujours une image qui me surprend mais incarne pleinement l’eau des toiles que je vais présenter pour l’exposition ». Il s’interroge sur ce que veut dire être peintre et c’est certainement ce questionnement qui est perceptible dans ses peintures complexes malgré leur dehors évidents. Il rappelle volontiers la formule de l’artiste Niele Toroni « Travailler à ce que la peinture travaille d’elle-même » qu’il se donne comme règle, à respecter et à transgresser.Description
Alexandre Lenoir. Par la force des choses
Ended 24 Aug 2026
- Le musée de l’Orangerie organise, en collaboration avec la Fondation Barnes à Philadelphie, une exposition monographique autour du peintre Henri Rousseau, rassemblant des prêts majeurs d’institutions internationales. Cette coproduction a été inaugurée en octobre 2025 à Philadelphie, puis sera présentée au musée de l’Orangerie du 25 mars au 20 juillet 2026. À cette occasion, le musée de l’Orangerie sera le premier à bénéficier de prêts issus de la collection de la Fondation Barnes, réunissant de manière inédite un important corpus d’œuvres d’Henri Rousseau passé entre les mains du marchand Paul Guillaume. Cette collaboration s’impose comme une évidence dans l’histoire des deux institutions : Paul Guillaume, dont la collection constitue le cœur du musée de l'Orangerie, a été l’intermédiaire d’Albert Barnes pour l’achat de ses dix-huit peintures de Rousseau. Il a lui-même été un fervent collectionneur de l’artiste, ayant possédé jusqu’à cinquante œuvres de la main du peintre, si l’on en croit les albums documentaires conservés dans le fonds du musée. Neuf d’entre elles appartiennent aujourd’hui à la collection du musée de l’Orangerie, auxquelles s’ajoute une acquisition récente de deux petits portraits. L’exposition et son catalogue reviendront sur cette étroite collaboration entre le marchand parisien et le collectionneur américain, et plus largement sur le réseau de collectionneurs et de marchands dans lequel le peintre s’est inscrit de son vivant. Une cinquantaine d’œuvres seront présentées à cette occasion, issues des collections de ces deux institutions et de prêts d’œuvres clés d’institutions européennes et américaines, dont La Bohémienne endormie, chef-d’œuvre du Museum of Modern Art de New York. Cette exposition revient sur la carrière d’Henri Rousseau (1844-1910), sa pratique picturale et ses ambitions professionnelles. Venu à Paris depuis sa Mayenne natale, il décide à l’âge de 49 ans de prendre sa retraite de l’octroi pour se consacrer entièrement à la peinture. L’artiste a su diversifier les genres et les techniques pour se faire une place sur la scène artistique parisienne : compositions envoyées au Salon des Indépendants, réponses à des commandes publiques pour orner les hôtels de ville d’Île-de-France, portraits commandés par son entourage, paysages destinés à la vente, ou encore autoportraits plus intimes. L’exposition entend dépasser les légendes entourant le nom du « Douanier Rousseau » pour étudier en profondeur son parcours artistique. Des sections thématiques permettront d’aborder la matérialité des œuvres et de les replacer dans le contexte du marché de l’art moderne auquel Paul Guillaume et Albert Barnes ont largement participé. Faire dialoguer les deux plus importantes collections de l’artiste avec des œuvres majeures issues de collections publiques internationales est l’occasion d’étudier un large corpus sous l’angle de la matérialité. À ce titre, les récentes analyses scientifiques menées par la Fondation Barnes offrent un éclairage sur la pratique picturale de l’artiste. En parallèle, la collection de l’Orangerie a été étudiée par le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), afin de compléter cet ensemble. Dans le parcours, un dispositif numérique permettra de valoriser ces analyses scientifiques, proposant au public d’entrer de façon plus concrète dans l’étude de la matérialité des œuvres et révélant le processus créatif de Rousseau.Description
Henri Rousseau, l’ambition de la peinture
Ended 20 Jul 2026
- Chaque mois, nous vous invitons dans les salles du musée de l’Orangerie pour une rencontre inédite entre la littérature, la musique et les Nymphéas. Nous écouterons le dialogue original entre l’œuvre monumentale de Claude Monet, la musique et les mots d’écrivaines et d’écrivains qui composeront pour l’occasion une nouvelle inédite en résonance avec les Nymphéas.Description
L'Écho des Nymphéas • 2025-2026
Ended 22 Jun 2026
- Depuis sa création en 2018, le cycle chorégraphique « Danse dans les Nymphéas » explore, dans des formats réinventés le temps de soirées uniques, la danse de répertoire et de création, dans l’espace immersif des salles des Nymphéas de Claude Monet. Il articule l’histoire, l’art et le vivant pour faire du musée un espace de transmission et de réinvention perpétuelle.Description
Danse dans les Nymphéas • 2025-2026
Ended 8 Jun 2026
Rétrospective Picasso
Ended 15 Feb 2026